Candidat faisant terreur à l'élection présidentielle, Héritier déclaré du Guide Kadhafi,... Sur les dernières années et l'assassinat de Saïf Al-Islam Kadhafi.
Le 20 octobre 2011, peu après la mort de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhafi, blessé et capturé, détenu dans un hôpital, puis déclaré être en fuite, propose même de se rendre à la Cour pénale internationale de La Haye. Il sera alors arrêté le 19 novembre 2011, dans le sud de la Libye, près de la frontière Libye-Algérie. Son procès s'ouvre le 14 avril 2014 à Tripoli. Le 28 juillet 2015, alors qu'il est toujours détenu à Zintan — la milice qui le détient refusant de le remettre aux autorités — Saïf al-Islam Kadhafi est condamné à mort par contumace. Le 6 juillet 2016, il bénéficie d'une amnistie du « gouvernement de Tobrouk », dans le cadre d'une tentative de « réconciliation nationale » entre ex-kadhafistes et ex-révolutionnaires. Cependant, le 11 juin 2017, sa libération est de nouveau annoncée. Dans la foulée, la CPI demande de nouveau son arrestation.
Candidat à l’élection présidentielle
Le 18 décembre 2017, Saïf al-Islam déclare sa candidature à la présidentielle. Le 19 mars 2018, il annonce officiellement à partir de Tunis, via l'un de ses représentants, Ayman Bouras, sa candidature pour l'élection présidentielle. Mais, il n'y aura toujours pas des élections.
En août 2021, Saïf al-Islam Kadhafi informé de nouveau, dans une interview au New York Times, son intention de se porter candidat à l'élection présidentielle, alors prévue en décembre. Le 14 novembre 2021, il dépose sa candidature. Elle est rejetée le 24 novembre par l'autorité électorale au motif qu'un candidat à l'élection présidentielle doit présenter un extrait de casier judiciaire vierge. Mais le 2 décembre, la cour d'appel de Sebha ordonne qu'il soit autorisé à se présenter à ce scrutin. Il reçoit en vue de sa campagne l'aide du groupe de mercenaires Wagner, considéré comme proche du pouvoir russe, qui lui fournit des conseils politiques, électoraux et en communication. Sa candidature, créditée d’un taux élevé de sympathie, embarrasse le pouvoir libyen au point de conduire à l'annulation du scrutin.
Saïf al-Islam Kadhafi vit dès lors à Zintan, une petite ville située sur le flanc du djebel Nefoussa au sud-ouest de Tripoli, où il est protégé, en 2022, par des gardes du corps fournis par ses anciens géôliers, ainsi que par des mercenaires russes et par la tribu d'Abdallah al-Senoussi. Selon ses proches, depuis sa libération Saïf al-Islam Kadhafi parait marqué par son emprisonnement avec des séquelles psychologiques. Un chef de Zintan témoigne : « Lors de ses rares sorties, il apparaissait parfois éteint, parfois confus ». En décembre 2022, le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah lui demande de se rendre à la CPI.
Mort assassiné
La mort de Saïf al-Islam est annoncée le 3 février 2026 avec des photos montrant son corps à l'arrière d'un pick-up. Il a été assassiné par un commando de quatre personnes au domicile d'Ajmeri Al-Atiri, chef d'une milice locale de Zintan qui l'hébergeait et assurait sa protection. Lors de l'attentat, Ajmeri Al-Atiri et son fils sont également tués. Les membres du commando, non identifiés, réussissent à disparaître. Ses funérailles, rassemblant des milliers de personnes, se tiennent le 6 février à Beni Walid, fief du kadhafisme, dans l’ouest de la Libye.
Pour l’expert Emad Badi, la mort de Saïf al-Islam Kadhafi est « susceptible de le transformer en martyr aux yeux d’une partie conséquente de la population, tout en modifiant les équilibres électoraux, en écartant un obstacle majeur à l’élection présidentielle ». Car « sa candidature et ses chances de succès (avaient) constitué un point central de controverse ». Pour sa part, l'universitaire Jalel Harchaoui, du Royal United Services Institute, considère qu'on a assassiné un symbole.
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À suivre