Présidentielle 2025 au Cameroun: l’impossible alternance ? Paul Biya, candidat malgré lui (92 ans d'âge, 43 ans des rênes) !

Présidentielle 2025 au Cameroun: l’impossible alternance ? Paul Biya, candidat malgré lui (92 ans d'âge, 43 ans des rênes) !

43 ans des rênes sans partage, Paul Biya, 92 ans d'âge, est à nouveau candidat à la présidence du Cameroun. S’il est réélu en octobre 2025 pour un nouveau septennat, Paul Biya restera président jusqu’à l’âge de 99 ans. Si Dieu lui prête vie, il peut même fêter son siècle d'âge à la tête du Cameroun. Né Paul Barthélemy Biya'a bi Mvondo le 13 février 1933 à Mvomeka'a (département du Dja-et-Lobo), est d'abord Premier ministre de 1975 à 1982 avant de devenir Président de la République depuis 1982.

Les semaines qui ont précédé le dépôt des candidatures pour la présidentielle d’octobre a révélé l’ampleur des tensions qui traversent la scène politique camerounaise. Rivalités internes, candidatures sabotées, jeux d’influence… il s'agit d'une guerre des investitures dans laquelle tous les coups semblent permis.

Le président sortant Paul Biya s'est finalement décidé de se présenter à nouveau aux scrutins de 2025. Le Vieux des chefs d'état Africain l'a annoncé le 13 juillet 2025 sur ses plateformes numériques: « Merci pour le soutien massif que vous n’avez cessé de m’apporter… Beaucoup reste à faire. Du fait d’un environnement international de plus en plus contraignant, les défis auxquels nous sommes confrontés se font plus aigus. Face à cette situation, je ne saurais me dérober à la mission qui est la mienne».

Paul Biya annonce en ces termes sa candidature à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Dans un court message publié sur ses plateformes numériques, le président sortant de la République du Cameroun indique que, « assurer la sécurité et le bien-être des fils et filles de notre cher et beau pays est la mission à laquelle je consacre mon temps et mon énergie».

Son message était des plus attendus, tant la guerre de positionnement faisait rage dans les rangs même du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), son parti politique. Et du coup, Paul Biya lui-même n’a pas attendu plus longtemps pour se définir lui-même. Dans un contexte marqué par des défections au sein de la majorité présidentielle. Avec notamment Bello Bouba et Issa Tchiroma, respectivement présidents de l’Undp et du Fsnc, alliés depuis une trentaine d’années, de Paul Biya. Pour se lancer dans la course pour la présidentielle.

Nonagénaire, et au pouvoir depuis quarante trois ans, Paul Biya veut un nouveau mandat après que les réformes constitutionnelles de 2008 ont supprimé les limites de mandats présidentiels.

En tout état de cause, cet habitué du pouvoir sans partage, n’a pas daigné préparer un dauphin qui pourrait lui succéder. Mais, avec la date de la présidentielle désormais fixée, les partis politiques commencent déjà à se mobiliser. En effet, plusieurs formations politiques de l’opposition affûtent déjà leurs armes et affinent leurs stratégies. Certains partis, comme le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ou le Social Democratic Front (SDF), très déterminés à se lancer dans la bataille. Bien que Paul Biya devrait avoir la sagesse de faire valoir ses droits à la retraite

Paul Biya est attendu sur sa capacité à organiser une élection transparente, crédible et apaisée. Sera-t-il à la hauteur d’un tel défi, qu’il n’a été capable de relever bien des décennies avant ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, ce n’est pas une opposition qui manque au Cameroun. Même si, elle n’a jusque-là, pas réussi à provoquer l’alternance et pour cause : le président Paul Biya n’hésite pas à barrer la route à tout opposant capable de lui tailler des croupières.

Et l’opération Epervier, du nom de cette campagne anticorruption menée par les autorités camerounaises dans le but de lutter contre la corruption, la gabegie financière et les détournements de fonds publics, est, chaque fois, utilisée pour écarter de potentiels candidats sérieux. Ce qui fait dire à certains qu’une présidentielle au Cameroun n’est qu’une simple formalité pour le sphinx d’Etoudi; au point que bien des Camerounais, depuis plusieurs années, se sont résignés, convaincus que l’alternance est impossible dans leur pays.

Après 43 ans de règne sans partage, Paul Biya devrait avoir la sagesse de faire valoir ses droits à la retraite. Malheureusement, il refuse de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir. Président du Cameroun depuis novembre 1982, à 92 ans d'âge, il est le plus vieux dirigeant élu en exercice du monde et le quatrième plus ancien en fonction (après le sultan Hassanal Bolkiah, le roi Charles XVI Gustave et le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo).

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